Mai 2016,

Ajax de Sophocle, 

 de

Paris à Athènes

Traduction libre, adaptation et mise en scène :

Ismini Vlavianou

Masques, objets scéniques :

Anne Mériaux

Intervenant artistique :

Samir Siad 

Chorégraphies d’après une idée originale de Corinne Barbara (chorégraphe)

Surtitrages en grec :

Antigone Vlavianou (universitaire)

 

Spectacle joué au Dimotikon Theatron du Pirée (Grèce) le 4 mai 2016, dans le cadre d’un projet inter-établissement avec le lycée Jeanne d’Arc du Pirée, avec

15 jeunes Français et 17 jeunes Grecs.

Spectacle joué à Bobigny, MC93, pour le 7ème Festival des Ecoles, les 22 et 28 mai 2016 par les

28 élèves de Première et de Terminale de l’Atelier Théâtre du lycée.

 

 

 

Programme salle pour AJAX de Sophocle

Ajax, le premier des Grecs à Troie, se voyant refuser les armes du légendaire Achille, part tuer en représailles les chefs de l’armée grecque. Mais Athéna change sa colère en manie et le héros humilie son fer dans le sang d’un innocent bétail. Recouvrant ses esprits, Ajax n’a de cesse qu’il ait mis fin à sa vie. 

Comme Œdipe et Antigone, Ajax est un héros solitaire. Loin de toute fatalité familiale, son acte s’inscrit dans une volonté individuelle ; il faut l’accomplir pour être libre. 

Sur scène, Ajax porte un masque de faucon, oiseau rare resté incompris par le chœur, le commun des mortels. 

                                                                                         

 

Ismini Vlavianou

Invitation Ajax pour Bobigny.png
invitation
 Ajax de Sophocle, de Paris à Athènes
Le Théâtre National du Pirée.
et  affiche  du spectacle
Le Théâtre National du Pirée.jpg
La salle du Théâtre National du Pirée
La salle du Théâtre National du Pirée.jp

     TEXTES ELEVES

                Ajax de Sophocle, de Paris à Athènes

 

 

 

Bonjour, je m’appelle Marie-Julie et je suis en classe de Première au lycée Louise Michel à Bobigny. Je fais aussi partie de l’Option théâtre du lycée qui m’a permis de venir ici, à Athènes.

Cette expérience est…. inexplicable ! En une semaine, nous avons vécu des choses que personne d’autre n’a vécues en 1000 ans. Nous avons joué Ajax (adapté par mme Ismini Vlavianou) dans le deuxième plus grand théâtre d’Athènes ! Que demander de plus ?

Nous avons joué avec des élèves grecs de deux lycées du Pirée (le lycée Jeanne d’Arc et le lycée Saint Paul) qui nous ont extrêmement bien accueillis. Nous avons partagé ensemble des moments inoubliables !

En discutant avec eux (en français), nos conversations se sont dirigées vers la politique ; en effet, la France et la Grèce sont des pays en crise au sein de l’UE. Le jour de la représentation, nous étions tous stressés, ce qui a même créé des tensions entre nous, mais tout est revenu à la normale lorsque nous avons tous bien réussi !

J’incarnais le rôle de Teucros, le frère d’Ajax. Mon rôle, je le partageais avec Meddy, j’ai joué les trois dernières pages. Un rôle héroïque, mais pas très simple…

Cette expérience ne se représentera pas deux fois, alors je suis bien contente de l’avoir vécue.         Marie-Julie, 1ère STMG 2

 

 

La Grèce et la France sont tous deux des pays appartenant à l’Europe, ces deux pays ont un régime politique et une monnaie identique, par ailleurs ces deux pays demeurent dans une profonde crise économique.

Le théâtre étant d’origine grecque est aujourd’hui répandu partout dans le monde. Nous, élèves du lycée Louise Michel, faisons partie de l’Option théâtre avec un professeur de français et un professeur d’histoire géographie. Cette année, notre spectacle a été multiforme avec de la danse, du chant et un chœur dirigé par le coryphée qui par ailleurs représente le spectateur sur scène. Le voyage en Grèce a été très nécessaire, car cela nous a permis de visiter les traces du théâtre, de nous ouvrir encore plus l’esprit, et aussi de partager avec les Grecs notre expérience du théâtre. Jouer dans un pays différent, avec des personnes d’un autre pays, fut une expérience exceptionnelle. Partager la même angoisse, le même stress, la même appréhension lors des répétitions et du spectacle nous a fortement rapproché. D’ailleurs, la rencontre avec les Grecs fut très simple et nous avons vite échangé. Les Grecs sont très sociables, ouverts et chaleureux, ce qui nous permettait, à nous Français, de pouvoir être à l’aise avec eux. Nous et les Grecs avons été très soudés ce qui nous a permis de faire un magnifique spectacle.

Les rôles ont été divers : Ajax, Teucros, Ménélas, Tecmesse, Agamemnon, le Coryphée, Athéna, le chœur et Ulysse qui a été mon rôle. J’ai aussi joué le rôle d’Ajax cinq. Ajax cinq est le seul Ajax qui, lors du début de la pièce, porte déjà le masque du faucon ; Ajax cinq est celui qui danse en imitant le vol d’un faucon. Cette représentation d’Ajax montre l’image associée à Ajax, car ce dernier est comparé à un faucon solitaire et suicidaire. Ulysse est celui qui découvre le crime infâme d’Ajax et qui l’apprend aux Grecs ; il découvre cela par la parole d’Athéna. A la fin de la pièce, Ulysse vient calmer les esprits et s’oppose au roi Agamemnon. Il déclare aussi à Teucros sa compassion pour la mort d’Ajax. La difficulté de jouer Ulysse fut de m’adresser à la déesse Athéna sans la regarder.

                          Djara, 1ère L

En cette nouvelle année 2016, notre troupe du lycée Louise Michel de Bobigny monte une adaptation de la pièce de Sophocle, Ajax de Paris à Athènes. Tout au long de cette année, nos professeurs, madame Vlavianou et madame Mériaux, ainsi que notre intervenant artistique Samir Siad, nous ont accompagné dans notre pièce. Nous jouons en partenariat avec la MC93, et tous les mercredis nous répétons au conservatoire de Bobigny, Jean Wiener. Dès le début de l’année, nos professeurs nous ont annoncé que 15 élèves de l’Option théâtre partiront en Grèce pour jouer la pièce avec des élèves grecs. C’était donc un projet énorme, mais pour le réaliser il fallait l’aide de la fondation Sciences Po pour financer ce projet. Par la suite, nous, élèves français, devions réaliser un débat avec les élèves grecs pour savoir quels sont leurs rapports avec la France ? que pensent-ils de la France ? C’était donc un projet intéressant, la Grèce faisant partie de l’Union européenne, et nous avions de multiples questions à leur poser…

Notre voyage en Grèce du 2 au 6 mai 2016 a été une expérience fabuleuse. Le fait de revenir aux sources du théâtre, à l’histoire de la Grèce, à son patrimoine, m’a permis de mieux connaître la mythologie grecque. Nous avons visité des monuments historiques, comme l’Acropole, le Parthénon, le temple de Poséidon au Cap Sounion. Ce séjour nous a donc permis de visiter le pays, un peu, et surtout de jouer notre pièce de théâtre avec la participation d’élèves grecs. Le fait d’avoir joué avec les jeunes grecs nous a permis de mélanger nos cultures, nos origines, nos savoir faire. Les Grecs ont fait un merveilleux travail dans le chœur. Ils étaient très volontaires, enthousiastes et chaleureux. Ils nous ont donné l’envie de mieux jouer. Ils connaissaient leur rôle par cœur et leurs chants rappelaient leurs origines. Les élèves grecs parlaient très bien français et on pouvait donc facilement échanger nos ressentis… Notamment quand une Grecque m’a dit : « Je suis stressée pour ce soir, j’ai peur de ne pas réussir ». Elle a même pleuré, et cela m’a touché, car ils faisaient tout ce travail pour nous dans le chœur. Il faut dire que rester plus d’une heure debout dans le chœur est très difficile. Cela nous a prouvé que les Grecs ne prenaient pas ce spectacle à la légère, qu’ils voulaient vraiment le réussir. Et je les remercie pour tout ce qu’ils ont fait pour nous.

Mon rôle est celui d’Ajax ; je le partage avec 4 de mes camarades : Maadiou, Amina, Samy et Djara. Le moment où je dois rentrer sur scène est celui où j’ai découvert mon crime envers des bêtes : « Malheur sur moi ». La honte et l’inquiétude gagnent Ajax. Comment va-t-il se sortir de cette situation ? Il se sent déshonoré et honteux, au point même de se donner la mort.

Pour les Ajax, notre professeur nous a confectionné des masques. Elle s’est inspirée du théâtre antique où les acteurs jouaient avec des masques qui recouvraient tout le visage. Mais nos masques étaient ouverts à partir de la bouche pour que l’on puisse parler et respirer. J’ai trouvé cette idée géniale, d’autant plus que le masque est très beau. Ce masque m’a beaucoup aidé à entrer dans mon personnage. Quand je rentre sur scène, je me sens comme un oiseau rare. Je joue avec le coryphée (Aude), Tecmesse (Tida) et le chœur. Leur présence est importante car nous avons des échanges de regards, des interactions… 

Le fait de jouer en Grèce m’a permis de vivre une expérience théâtrale fabuleuse. Je remercie donc Sciences Po, mes camarades, mes professeurs, et les élèves grecs pour leur aide.

                                Myriam, T ES 1

 

 

Notre professeur de théâtre, madame Vlavianou, a traduit et adapté la tragédie de Sophocle Ajax et on a construit un projet inter-établissements : 15 élèves de notre option ont joué Ajax à Athènes avec 16 élèves grecs qui ont constitué le chœur antique.

En Grèce, on a retrouvé les élèves grecs dès le lendemain de notre arrivée et on a répété toute la journée du 3 mai. Le 4 mai, dès 9 heures, on a commencé le travail avec les techniciens du théâtre Dimotiko Theatro, au Pirée. Après toute une journée de répétitions, on a monté notre pièce le soir même, à 20h30, devant 650 spectateurs grecs. Toute la représentation était sur-tirée en grec moderne, il fallait sortir clairement nos répliques pour que les spectateurs grecs suivent. Quelle émotion ! Quelle expérience inouïe ! 

Les Grecs nous ont confié qu’ils avaient donné le meilleur d’eux-mêmes parce qu’on était à leurs côtés.

Ces 4 journées à Athènes ont été remplies de stress et d’épanouissement, du fait de la pièce qu’on a montée au Pirée, de la rencontre avec les 16 élèves grecs, des liens qu’on a tissés, mais aussi des monuments qu’on a visités, comme l’Acropole, le temple de Poséidon. 

De cette expérience, je sors grandie, surprise de voir à quel point les Français et les Grecs ont un lien fort voire complémentaire : avec la même monnaie, la crise des migrants, la crise économique… et bien sûr le lien intense avec l’Union européenne.

J’ai également beaucoup aimé la façon dont les Grecs nous ont accueillis. Nous avons tissé des liens progressivement, petit à petit, et ce qui nous a le plus aidé à tisser ces liens, c’est le fait d’avoir joué ensemble Ajax, et notamment les rôles du coryphée et du chœur, complémentaires. Par la suite, nous avons tous échangé nos contacts.

« Et comment pourrais-je t’expliquer l’inexplicable ? » Cette citation de Tecmesse - mon rôle sur scène – montre à quel point l’expérience qu’on a vécue est unique et inouïe, et qu’il faut l’avoir vécue, l’avoir ressentie pour la comprendre. A la sortie du théâtre, nous avons été accueillis comme de vrais acteurs français, ce qui m’a suprise car je ne m’y attendais pas du tout, mais j’ai été ravie car je me suis sentie comme quelqu’un d’exceptionnel.

Pour conclure, je tenais à remercier mes deux professeurs, madame Vlavianou et madame Mériaux, pour cette fabuleuse expérience, ainsi que madame Bertot qui nous a donné son accord et qui a cru à notre projet, et Sciences Po qui nous a aidé à financer ce projet ; une aide sans laquelle on n’aurait pas pu aller en Grèce.

                            Tida, T STMG

 

 

Expérience (visite, séjour)

Mon ressenti d’avoir incarné le rôle de Tecmesse est d’avoir été une vraie comédienne sur scène : j’ai eu l’impression d’être une actrice pendant 10 minutes. Cette expérience a été incroyable et les entrainements qu’on a faits en Grèce m’ont beaucoup aidé à progresser plus dans mon rôle. Je me suis sentie plus à l’aise en Grèce pendant ces 4 jours. On a fait beaucoup de filages et on a tous progressé dans nos rôles car je pense que nous étions très stressés, de même que les professeurs.

Nous avons fait des visites en Grèce. On a visité l’Acropole le premier jour, le Parthénon, et le temple du Cap Sounion le 5 mai. La visite de l’Acropole a été superbe, c’était merveilleux ; j’ai eu l’impression d’être au Ve siècle avant J.-C. en montant à l’Acropole : le monument est très ancien, les Grecs l’ont gardé tel qu’il était avec ses ruines. La visite au musée m’a permis de renforcer ma culture générale grâce aux explications de ma professeur. Ce musée contient de nombreux objets et sculptures de l’Antiquité. Au musée, on a l’impression de monter sur l’Acropole, visible à travers les vitres, par les escaliers mis à disposition. A l’entrée du musée, ils ont aussi gardé des ruines de maisons. Cette expérience a été très nostalgique et plus tard, j’en parlerai à mes enfants.

La rencontre avec les Grecs s’est bien passée. Ils parlaient français, et cela nous a aidé à mieux nous comprendre. Cette rencontre a été très émouvante, on s’est échangé nos coordonnées pour pouvoir garder contact par la suite.                      Sarah, T ES 1

 

Athènes !

Le 2 mai 2016, dès mon arrivée à l’aéroport en Grèce, s’est ouvert pour moi une expérience dont je n’avais pas encore la vue, Athènes ! Nous étions une troupe de 15 élèves accompagnés de nos deux professeurs de théâtre, dont une est originaire de Grèce, madame Vlavianou.

Ce jour même nous avons eu la chance que certains jeunes n’ont pas : visiter l’Acropole ainsi que son musée.

Nous nous sommes baladés dans Athènes puis nous avons déjeuné pour la première fois dans un restaurant grec (j’ai adoré les tomates farcies).

Le 3 mai 2016, de bon matin, nous avons tous pris le petit déjeuner ensemble, mais ce que j’ai compris, c’est que c’était pour souder les liens du groupe. Puis nous nous sommes présentés au lycée Jeanne d’Arc. Pendant nos préparatifs pour les répétitions, les Grecs sont arrivés, et ce que j’ai à dire sur leur performance, c’est qu’elle était exceptionnelle. Nous avons eu un peu du mal à créer des liens avec eux, mais ça s’est fait naturellement avec le temps et très vite. Le soir même nous avons visité le port du Pirée, et au loin nous avons vu la montagne de Salamine.

Le 4 mai 2016, le jour de l’événement, nous avons passé une journée complète à répéter avec les lycéens grecs, nos liens se sont encore plus soudés. Nous étions tous sous pression, sur les nerfs…. juste après le dernier filage, mais ce que j’ai compris, c’est que madame Vlavianou et madame Mériaux ont fait en sorte qu’on ne répète plus et au fur et à mesure que le temps passait nous discutions entre Français et Grecs pour en connaître un peu plus les uns sur les autres. Pendant la représentation, 650 spectateurs nous regardaient jouer la pièce adaptée par Ismini Vlavianou, Ajax de Sophocle de Paris à Athènes, avec des costumes et des masques conçus par Anne Mériaux. Chaque élève français et grec a donné le meilleur de lui même.

Et j’ai l’intention de vous informer que nous avons eu la force de représenter notre lycée ainsi que notre pays, la France. C’est pareil pour les Grecs.

Le lendemain, après la représentation théâtrale, nous avons visité le Cap Sounion avec des élèves grecs. Le paysage était magnifique. Je me sentais vivre dans les mythes grecs. Le soir, qui était pour nous Français une joie de sortir avec les Grecs, s’est transformé pendant nos Adieux en une tristesse qu’on ne pouvait imaginer.

Vendredi 6 mai, nous sommes rentrés en France en espérant un jour revenir en Grèce.

En visitant tous ces monuments historiques, le beau paysage grec, cela m’a fait ressentir quelque chose en moi qui m’a donné une force pour réussir ma vie.

Les tensions au sein du groupe, dont moi-même en ai été auteur, n’ont été qu’une épreuve et au final on a réussir à tisser des liens amicaux. Ce voyage m’a apporté plein de choses et chacun d’entre nous n’oubliera jamais ces moments extraordinaires.

J’aimerais remercier madame Bertot pour le soutien qu’elle nous apporte, madame Vlavianou et madame Mériaux, ainsi que les écoles Saint-Paul et Jeanne d’Arc.

Et pour finir, vous, mes amis camarades français et grecs de l’Option théâtre, je vous aime ! vous serez pour toujours dans mon cœur.

                            Maadiou, T STMG 1

 

 

Mercredi 4 mai, j’ai joué Teucros, le frère d’Ajax, dans la pièce de théâtre Ajax de Sophocle adaptée par madame Vlavianou, au théâtre Dimotiko avec des Grecs. Ce qui a été dur à réaliser, ça a été d’unir notre travail avec celui des Grecs en très peu de temps, mais on l’a fait. Cela fait en effet des mois que nous travaillons sur cette pièce, mais séparément, et lorsque nous avons travaillé ensemble je me suis senti plus uni avec eux, comme si cela faisait des mois que l’on se connait alors que l’on s’est connu à peine il y a deux jours. Je pense que c’est grâce à la communication, au fait d’apprendre à se connaître, nos différentes cultures, et il n’y avait aucune frontière linguistique. 

Cette expérience m’a ouvert les yeux sur plusieurs choses : d’abord que ce projet a demandé un travail gigantesque, que ce soit de la part des élèves ou des professeurs ; et que l’on peut faire un projet international.

Le fait que l’on se parlait souvent, même si on savait que l’on ne comprenait pas tout ce que l’on entendait et ce que l’on exprimait, nous a permis de nous unir de plus en plus, de nous aider les uns les autres, de rencontrer des personnes avec des cultures différentes et de créer de nouvelles relations.

                            Meddy, T STMG

                            Jeudi 5 mai 2016

 

 

Athènes, patrie mère de la démocratie moderne, a influencé les cultures des pays environnants depuis des siècles, notamment dans l’art. Le théâtre nous a été diffusé par Eschyle au Ve siècle avant J.-C. Aujourd’hui, nous, Français, avons fait le voyage de Paris à Athènes pour y jouer une pièce de théâtre antique. Ajax de Sophocle raconte l’histoire d’un héros grec qui, humilié par ses pairs, se suicide en laissant sa femme et son enfant derrière lui. Nous ne sommes pas allés en Grèce uniquement pour représenter notre pièce, nous y sommes allés pour partager une expérience inédite avec 16 jeunes Grecs.

Lors de notre arrivée en Grèce, nous comptions bien en apprendre beaucoup sur ce pays, son histoire extraordinaire avec les dieux de la mythologie, l’histoire de la création de la cité d’Athènes ainsi que le partage culturel avec des jeunes de notre âge. 

Notre arrivée à Athènes fut mouvementée. Nous n’étions même pas encore descendus du car qui nous avait déposé à l’hôtel au Pirée qu’il fallait déjà repartir visiter les monuments athéniens. Sur la route menant du Pirée à Athènes, nous n’imaginions pas voir un pays de l’Union européenne aussi différent de la France. Certains d’entre nous l’ont même comparé au « bled ». Nous savions que la Grèce est dans une profonde crise économique et nous pouvions le voir avec les infrastructures et certaines maisons délabrées couvertes de graffiti. Arrivés à Athènes, nous sommes allés voir le musée de l’Acropole. Ce qu’il y avait de bien dans l’attente pour rentrer dans le musée, ce sont les vestiges de l’antique ville d’Athènes sous nos pieds que l’on pouvait voir au fil de la queue, et où nous pouvions jeter des pièces de monnaie dans ce qui avait dû être une fontaine antique. Le parcours du musée était très intéressant, il nous donnait l’impression de monter jusqu’au Parthénon tout en admirant les cariatides ou les sculptures de dieux, de déesses ou de souverains de l’Antiquité. Nous avons même vu des bas-reliefs du temple d’Athéna que nous avions vu en photographie dans nos manuels d’histoire de seconde. Pour moi qui suis très attirée par la mythologie grecque, ce voyage dans le temps était particulièrement émouvant. J’ai toujours voulu visiter la Grèce ; le fait que mon lycée de banlieue ait pu me permettre de réaliser l’un de mes rêves de voyage me rend extrêmement reconnaissante envers toutes les personnes ayant participé à la réalisation de ce projet colossal. Après avoir visité le musée, nous sommes bien évidemment allés visiter le temple de la déesse Athéna qui a donné son nom à la ville, après une dispute avec le dieu Poséidon pour savoir qui sera glorifié par les habitants de la ville. Athéna ayant fait sortir de terre un olivier qui plut aux Athéniens a gagné le droit de « posséder » la ville. Ce temple est impressionnant, il est en marbre très glissant. Je me suis alors demandée comment les Grecs ont pu réaliser cela en sortant de la préhistoire. Je suis très admirative de leur talent.

Je le suis aussi des jeunes élèves avec qui nous avons joué notre pièce et avec qui nous avons créé petit à petit une cohésion grâce au jeu. Il y a eu des contacts, des rires, ainsi que des pleurs en fin de spectacle. Les Grecs nous ont accueillis chez eux avec beaucoup de joie et d’ouverture. Ils nous ont vus avant tout comme des jeunes de leur âge avant de voir les Français en nous. La communication était très facile : ils parlaient français et nous ont appris des mots et expressions en grec. Moi qui jouais le coryphée, donc la tête du chœur composé des élèves grecs, je pense avoir un lien très fort avec eux. Les Grecs m’ont beaucoup soutenu dans mon rôle de coryphée. A un moment des répétitions,  une élève, étonnamment gentille et souriante, m’a rappelé un mouvement du chœur que j’avait oublié. Les Grecs m’ont beaucoup impressionnée : ils ont intégré notre pièce comme s’ils l’avaient déjà jouée avec nous. J’ai adoré cette sensation de partage avec eux, dans le jeu, dans les mots, et même dans les parts de pizzas avant le spectacle !

Merci ! Efkaristo polli !

                            Aude, T ES 2

 

 

La France et la Grèce sont deux pays qui font partie de l’Union européenne. Ce sont des pays démocratiques, ils ont la même monnaie, l’euro, et ils ont tous deux traversé une crise économique. La Grèce est le pays de l’art et du théâtre. Un fait qui ne passe pas inaperçu car à Athènes, nous avons pu constater de nombreux monuments antiques. C’était comme un retour aux sources de l’Antiquité. Sans ses monuments, la Grèce ne serait plus la Grèce. Et malgré sa situation économique, la Grèce reste un modèle pour les autres pays et un des pays les plus touristiques d’Europe. La culture grecque est différente, mais comme dans chaque pays, il faut un temps d’adaptation pour s’intégrer. Un avenir en Grèce ou en Europe ne me semble pas irréalisable car, pendant ce voyage, j’ai remarqué que c’était à peu près le même fonctionnement, tout se ressemble.

L’expérience de jeu avec les Grecs, l’autre Européen, m’a permis de m’ouvrir encore plus. Je jouais le rôle du coryphée et je devais mener 16 élèves grecs situés derrière moi. Je communiquais facilement avec eux car on parlait en français, en anglais et on apprenait à parler en grec. L’enthousiasme et la bonne humeur de tout le monde m’ont permis de ne pas abandonner. Tous les jeunes s’aidaient et discutaient ensemble. Il y a eu une intégration générale et un travail sur soi, surtout de ma part. On se réconfortait lorsqu’un élève était mal, que ce soit un Français ou un Grec, comme lorsqu’une élève grecque a pleuré de stress, on était tous là pour elle. On a échangé nos réseaux sociaux dès le premier jour.

Notre spectacle fut splendide, grandiose, fantastique. J’ai été surprise de voir un tel succès de notre part avec seulement un filage. J’ai même pleuré à la fin de la pièce tant j’étais envahie d’émotions.

J’étais inquiète de faire ce voyage car je me posais beaucoup de questions : comment sont les Grecs ? est-ce qu’ils vont bien nous accueillir ? est-ce qu’ils sont racistes ? gentils ? Et bien, j’ai été surprise de voir à quel point ils étaient chaleureux, sociables et très ouverts d’esprit. Les mots me manquent pour décrire cette belle expérience et si elle était à refaire, j’y participerais sans hésiter. 

Je tiens à remercier madame Vlavianou qui a eu l’idée de faire ce projet ainsi que madame Mériaux. Je tiens à remercier également madame Bertot, la Proviseur du lycée, qui a accepté de faire ce voyage avec nous, et aussi Sciences Po qui nous a aidé à financer le voyage.

                                Assetou, 1ère L